33,3 millions de personnes déplacées par les conflits à travers le monde : le Nigéria figure parmi les cinq pays les plus touchés

Communiqué de presse pour diffusion immédiate

Genève, 14 mai 2014 : En Afrique subsaharienne, 12,5 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur de leur propre pays par les conflits et la violence, selon un nouveau rapport de l'Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC).  Le rapport révèle l'incapacité du système au niveau local, national et international à remédier de façon appropriée aux déplacements internes, qui durent en moyenne 17 ans.

Aujourd'hui, l'IDMC, qui fait partie du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), a présenté son rapport annuel intitulé « Global Overview 2014 » au siège des Nations Unies de Genève, aux côtés du Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR). Ce rapport, qui couvre les déplacements internes survenus en 2013, met en évidence le fait que l'Afrique subsaharienne, théâtre de nouveaux épisodes de violence et de conflits prolongés, reste la région qui abrite le plus grand nombre de PDI au monde depuis 2003.

Par rapport à 2012, le nombre de nouveaux déplacements a augmenté de 55% dans cette région, la République centrafricaine (RCA), la République démocratique du Congo (RDC) et le Soudan du Sud étant les pays les plus touchés.  Pour reprendre les mots de Jan Egeland, secrétaire général du NRC : « Tandis que le monde a les yeux rivés sur la tragédie syrienne, on en oublie la situation horrible dans laquelle vivent encore les personnes innocentes prisonnières de conflits prolongés, comme en RDC, pays confronté à des troubles persistants depuis le milieu des années 1990, ou victimes de cruautés dans des coins oubliés de la planète, comme en République centrafricaine. »

Pour la première fois, le nombre de déplacés internes au Nigéria est inclus dans le rapport annuel, le pays figurant désormais parmi les cinq nations comptant les plus importantes populations de PDI au monde. La RDC et le Nigéria, pays qui comptent chacun environ 3 millions de personnes déplacées internes, et le Soudan, qui en abrite 2,4 millions, totalisent à eux seuls 70% des PDI de la région.

« La multiplicité et la complexité des facteurs de déplacement posent des difficultés considérables aux gouvernements et aux acteurs humanitaires qui œuvrent sur le terrain », rappelle Alfredo Zamudio,  directeur de l'IDMC. « Dans bien des situations, la violence, les violations de droits et les expulsions forcées font partie intégrante du conflit et dans certains endroits, comme au Nigéria, la situation devient extrêmement difficile pour les personnes déjà déplacées par des conflits qui sont à nouveau frappées par le sort, victimes de graves inondations et de tempêtes. »

Le rapport de l'IDMC met également en lumière les nombreux pays africains manifestant leur engagement en faveur des droits et du bien-être de leurs populations déplacées internes à travers l'adoption de la Convention de Kampala de l'Union africaine. Ce traité, premier instrument régional au monde contraignant juridiquement les Etats à protéger et assister leurs PDI, a acquis force obligatoire pour cinq nouveaux pays en 2013 : l'Angola, la Côte d’Ivoire, le Malawi, la République arabe sahraouie démocratique et le Zimbabwe.

« Cet engagement constitue un énorme pas en avant et la communauté internationale dont nous faisons partie doit mettre tout en œuvre pour assurer à ces pays tout le soutien dont ils ont besoin pour véritablement changer les choses sur le terrain », souligne Jan Egeland. « Au vu du nombre de déplacés, qui augmente chaque année sans relâche dans le monde entier, il y aurait beaucoup à apprendre de la Convention de Kampala, même si cette dernière ne peut à elle seule remédier au problème des déplacements. »

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Pour télécharger le rapport complet, le résumé, les cartes et les graphiques,   cliquez sur ce lien .

Notes aux responsables de publication

  • 2013 marque le 15èmeanniversaire de l'IDMC en tant qu'observatoire des situations de déplacement interne à travers le monde.  En 1998, 19,3 millions de PDI étaient recensées aux quatre coins du globe. Depuis plus de dix ans, le nombre de déplacés, qui est passé de 25 millions environ en 2001 à 33,3 millions fin 2013, affiche une tendance durable à la hausse.
  • Avec plus de 12,5 millions de déplacés internes dans 21 pays à la fin de 2013, l'Afrique subsaharienne reste la région présentant le taux le plus élevé de déplacements causés par les conflits et la violence.
  • Plus de 9,1 millions de PDI étaient recensées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord à la fin de 2013. 70% des déplacements observés dans cette région se sont produits en Syrie.
  • Depuis le début du conflit syrien en 2011, les déplacements internes sont presque cinq fois plus importants dans cette région qu'il y a dix ans.
  • 42% des nouveaux déplacés à travers le monde en 2013 l'étaient en Syrie.
  • Pour la première fois, le   nombre de   PDI  recensées au Nigéria est inclus dans le rapport annuel de l'IDMC et est estimé à 3,3 millions par la Commission nationale pour les réfugiés.  Le Nigéria fait figure d'exemple au sein des Etats ayant favorisé et soutenu des efforts pour améliorer la collecte de données en 2013.
  • Au Soudan, les conflits armés qui ont agité la région du Darfour et les Etats du Kordofan du Sud, du Kordofan du Nord et du Nil bleu ont provoqué le déplacement de 470 000 nouvelles personnes. Le pays compte désormais 2,4 millions de PDI au total.
  • Fin 2013, on dénombrait au moins 6,3 millions de personnes déplacées internes dans quatre pays de la région des Amériques. La grande majorité vivaient en Colombie, où leur nombre n'a cessé de croître en dix ans en raison du conflit prolongé agitant le pays et de nouvelles formes de violence criminelle, qui ont contraint des dizaines de milliers de personnes à fuir dans toute la région.
  • Le rapport de l'IDMC, basé sur les données fournies par les gouvernements, les ONG partenaires et les agences de l'ONU, porte sur les déplacements survenus en 2013. Il présente les chiffres et propose une analyse des déplacements internes dans cinq régions et 60 pays et territoires touchés par des conflits en 2013, année du 15èmeanniversaire de l'IDMC.
  • La principale caractéristique de ce rapport réside dans l'analyse qui y est faite de la multiplicité et de l'interdépendance des facteurs de déplacement interne dans le monde, qu'il s'agisse de conflits sur l'accès à la terre et aux ressources, observés dans de nombreux pays africains, ou d'actes de violence criminelle à l'origine de déplacements de masse, fréquents en Amérique latine.
  • Fin 2013, deux nouveaux pays avaient signé la Convention de Kampala : la Mauritanie et le Soudan du Sud. Cinq autres l'avaient ratifiée, à savoir l'Angola, la Côte d'Ivoire, le Malawi, la République arabe sahraouie démocratique et le Zimbabwe. Pour en savoir plus, rendez-vous sur  www.internal-displacement.org/africa/kampala-convention/

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David Chong-Wa, chargé de communication

Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC) 

Courriel : david.chongwa@nrc.ch
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A propos de l’IDMC 
L'Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC) est l'une des principales sources mondiales d'informations sur la surveillance et l'analyse des causes et des effets des déplacements internes ainsi que des réponses pouvant y être apportées. 

Par sa surveillance et son analyse des situations de déplacement interne provoquées par les conflits,  la violence généralisée, les violations des droits de l'homme et les catastrophes naturelles ou d'origine humaine, l'IDMC sensibilise et agit en faveur du respect des droits des populations à risque et déracinées.

L'IDMC fait partie du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC). Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.internal-displacement.org

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