Un taux record de 28,8 millions de personnes déplacées internes dans le monde en 2012, dont une multiplication par cinq du nombre de déplacés en Syrie

GENEVE, 29 AVRIL 2013 : Le nombre de personnes déplacées au sein de leur pays en raison d’un conflit armé, de violence ou de violations des droits humains était estimé fin 2012 à 28,8 millions, soit une augmentation de 2,4 millions de personnes par rapport à l’année précédente et le chiffre le plus élevé jamais enregistré par l’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC). 

Communiqué de presse pour diffusion immédiate

Plus de 6,5 millions de personnes ont été déplacées au sein de leur pays d’origine en 2012, soit près de deux fois plus que l’année précédente. Ces personnes, qui ne franchissent pas les frontières de leur pays, ne sont pas considérées comme personnes réfugiées et ne bénéficient pas, par conséquent, d’une quelconque protection internationale.

« La forte augmentation du nombre de déplacés internes dans le monde est en partie due aux 2,4 millions de personnes déplacées par la crise en Syrie fin 2012 », explique Kate Halff, directrice de l’IDMC. « L’accélération des déplacements internes est ici étroitement liée au conflit, puisque les deux phénomènes s’alimentent mutuellement pour créer un effet ‘boule de neige’. Dans un tel contexte, les déplacements internes deviennent une ‘cible mouvante’ pour ceux qui sont chargés d’y répondre. »

Tant que le conflit syrien ne sera pas résolu, les déplacements internes continueront de s’accélérer. D’autres pays en proie à des conflits prolongés connaissent la même situation. C’est le cas de la Colombie, qui continue d’abriter le plus grand nombre de personnes déplacées internes au monde, et de la République démocratique du Congo (RDC), qui comporte la troisième population la plus importante de déplacés internes après la Syrie.

Avec 10,4 millions de déplacés internes, la région Afrique subsaharienne abrite près d’un tiers du nombre mondial de déplacés internes. La forte aggravation des violences dans les provinces de l’est de la RDC a contraint un million de personnes à fuir. « L’insécurité qui règne depuis des années en RDC a miné la capacité d’adaptation à la fois des déplacés internes et de ceux qui les accueillent, ce qui a un impact profond et dévastateur sur la vie des gens », ajoute Kate Halff. Si la RDC compte le plus grand nombre de nouveaux déplacements après la Syrie, nombre des 2,7 millions des déplacés internes de ce pays le sont depuis longtemps déjà.

Comme l’indique le rapport, la résolution des conflits, et particulièrement du conflit syrien, est essentielle à la stabilisation des mouvements de déplacement interne. Néanmoins, il convient de trouver un compromis entre réponse d’urgence et développement : « 90 % des pays observés par l’IDMC abritent des déplacés internes en situation de déplacement prolongé, souvent depuis des décennies, qui ont donné naissance à une deuxième voire à une troisième génération », explique Kate Halff. « Les gouvernements ont à charge de trouver des solutions à long terme pour leurs citoyens déplacés. Cependant, elles ne pourront se concrétiser que lorsque les gouvernements et la communauté internationale reconnaîtront que les personnes déplacées ont besoin non seulement d’une réponse humanitaire au pic de la crise, mais aussi d’un engagement soutenu, le temps de parvenir à une solution durable. »

- FIN -

Notes au rédacteur :

  • En 2012, 20 % des déplacés internes dans le monde se trouvaient au Moyen-Orient.
  • La région abritant le plus fort taux de déplacés internes est l’Afrique subsaharienne, avec 10,4 millions en 2012.
  • La Colombie est le pays qui abrite la population de déplacés internes la plus importante, les estimations fournies par le gouvernement et par la société civile se situant entre 4,9 et 5,5 millions.
  • Avec 28,8 millions de personnes déplacées internes en 2012 contre 15,2 millions de réfugiés (d’après les chiffres les plus récents datant de 2011), on dénombre environ deux déplacés internes par réfugié à travers le monde.
  • 2,1 millions de déplacés internes seraient retournés chez eux en 2012, dont 1 ,3 million en Afrique subsaharienne.
  • En 2011, l’IDMC a recensé 26,4 millions de déplacés internes dans le monde.
  • Plus de 90 % des pays observés par l’IDMC abritent des déplacés internes en situation de déplacement prolongé.

Pour plus de renseignements, merci de bien vouloir contacter :

Clare Spurrell, directrice de la communication (IDMC)
Email :  clare.spurrell@nrc.ch
Mobile : +41 (0)79 379 89 52

Julia Blocher, chargée de communication (IDMC)
Email :  julia.blocher@nrc.ch
Mobile : +41 (0)79 175 88 87

A propos de l’IDMC

L’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC)  (www.internal-displacement.org) a été créé  par le Conseil norvégien pour les  refugies en 1998, à la demande du Comité permanent inter-agences (IASC). L’IDMC surveille l’évolution des déplacements internes provoqués par les conflits, la violence, des violations des droits de l’Homme et des catastrophes naturelles dans plus de 50 pays. Il est largement reconnu comme la principale source d'information et d'analyses sur les déplacements internes dans le monde.

Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à www.internal‐displacement.org (site web en anglais).

L’IDMC sur les réseaux sociaux :

Facebook : http://www.facebook.com/InternalDisplacement

Twitter : @IDMC_Geneva

Tags: