Techniques néonatales pour améliorer la survie des chatons lors de césariennes
Un nouveau projet de recherche mené conjointement par l’Université suédoise des sciences agricoles (SLU), l’Université d’Uppsala et plusieurs cliniques vétérinaires vise à améliorer le bien-être animal des chattes et de leurs chatons lors des césariennes. Financé par le fonds de recherche Agria SKK, ce projet cherche à identifier des méthodes de soulagement de la douleur efficaces et sûres pour la chatte, sans compromettre la santé des chatons.
La chercheuse Anneli Rydén, de la SLU, explique que l’objectif est d’élever le niveau des soins néonatals en médecine vétérinaire, tant à l’échelle nationale qu’internationale, notamment en adaptant une méthode bien établie dans les soins humains.
Entre 6 et 8 % des mises bas chez les chattes sont sujettes à des complications, aboutissant souvent à une césarienne. Cette intervention augmente le risque de mort-nés ou de chatons présentant un manque de vitalité. Malgré les recommandations en faveur d’un soulagement de la douleur lors d’interventions abdominales, il n’existe pas de directives fondées sur des données probantes pour les césariennes félines, et la crainte d’un transfert de médicaments aux chatons conduit parfois à une gestion insuffisante de la douleur chez la mère.
« En administrant aux chattes une analgésie sûre et fondée sur des preuves lors des césariennes, nous espérons améliorer leur récupération, renforcer le lien mère-chatons, et augmenter les chances de survie des petits », déclare Anneli Rydén, maître de conférences associée au département des sciences cliniques de la SLU.
Le projet vise à fournir aux chattes une meilleure gestion de la douleur, fondée sur des preuves lors des césariennes, sans exposer les chatons à des niveaux nocifs de médicaments. Les effets attendus pour la mère incluent une convalescence plus courte et plus calme, ainsi qu’une attention accrue portée aux chatons.
Sur une période de trois ans, une étude clinique sera menée auprès de 40 chattes subissant une césarienne pour des raisons médicales. Elles seront réparties en trois groupes de traitement, afin de comparer différents moments d’administration d’un antalgique opioïde, qui imite les substances analgésiques naturelles du corps. Des échantillons de sang, de placenta et de lait seront analysés pour suivre l’absorption du médicament et tout éventuel transfert vers les chatons.
L’étude utilisera également un score d’Apgar modifié – une méthode bien établie dans les soins néonatals humains – qui permet d’évaluer rapidement l’état d’un nouveau-né selon cinq paramètres : respiration, pouls, réflexes, apparence et tonus musculaire. Cela permettra un suivi précis de la récupération de la mère et de son comportement maternel.
« Grâce à ces cinq paramètres également utilisés pour les nouveau-nés humains, nous pouvons identifier rapidement les chatons faibles et leur venir en aide, tout en surveillant et en évaluant la récupération et le comportement maternel de la chatte », explique Anneli Rydén.
À court terme, les résultats du projet pourront être appliqués dans les hôpitaux vétérinaires participants et pourront être diffusés via des formations et des publications scientifiques. À plus long terme, les chercheurs espèrent que ce projet aboutira à l’élaboration de directives communes pour les césariennes félines, en Suède comme à l’étranger. Cela pourrait entraîner une augmentation du nombre de chatons survivants et un meilleur bien-être pour les mères et leurs petits, contribuant ainsi à améliorer le bien-être animal dans son ensemble.
La fin du projet est prévue pour 2028.
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