Les réfugiés syriens fuient vers l'Irak alors que le cessez-le-feu est sur le point d'expirer, d'autres sont piégés dans le pays

Un nombre croissant de réfugiés du nord-est de la Syrie fuient pour se mettre en sécurité dans la région kurde d'Irak, dans la crainte de ce qui va suivre dans leurs villes, alors que le cessez-le-feu conclu par les Etats-Unis est sur le point de prendre fin.

Plus de 7 140 Syriens sont entrés en Irak depuis que la Turquie a commencé son opération militaire, déplaçant environ 165 000 personnes. Au cours des dernières 24 heures, environ 1 736 réfugiés sont entrés en Irak selon les autorités kurdes - le nombre le plus élevé en une journée depuis le début de l'opération militaire.

Des réfugiés nouvellement arrivés ont dit au Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) que beaucoup d'autres espèrent entrer en Iraq, saisis par la peur et l'incertitude quant à ce qui se passera une fois le cessez-le-feu terminé ce soir, mais ne sont pas en mesure de le faire.

"Les gens ont tellement peur de la situation ; de nouveaux réfugiés arrivent chaque jour parce qu'ils ne savent pas ce qui va se passer avec la Turquie, et aussi avec I'état islamique," dit Ghada, 23 ans, originaire de Hassakah et vivant actuellement au camp de Bardarash depuis sa traversée il y a deux jours. "Les gens viennent de partout ; Hassakah Kobane, Qamishli, mais seuls ceux qui ont de l'argent peuvent traverser la frontière. Les gens doivent payer beaucoup d'argent, parfois 500 USD par personne. Les plus pauvres ne peuvent pas traverser et sont coincés en Syrie, ils ne pourront pas s'échapper."

Une autre réfugiée de Qamishli a raconté les épreuves qu'elle a subies en s'échappant au milieu de la nuit avec son mari et ses trois filles. "Il y avait des morts dans la rue," dit Rifaa. "Nous avons trouvé un passeur pour nous emmener au Kurdistan. Nous avons payé 2000 dollars pour cinq personnes. Nous avons sauvé nos vies mais nous avons souffert."

La semaine dernière, la Turquie a accepté de suspendre ses combats pendant 120 heures, jusqu'à aujourd'hui, alors que les forces kurdes syriennes devaient se retirer d'une zone que la Turquie veut contrôler. Mais alors que les combats se poursuivent dans plusieurs régions et que l'incertitude règne quant à ce qui se passera après la date limite, les familles sont en train d'évaluer leurs options pour survivre.

La situation est encore trop instable pour que de nombreuses organisations humanitaires internationales puissent reprendre la plupart des activités humanitaires qu'elles assuraient en Syrie avant cette récente escalade de la violence. En Irak, l'ONU et les organisations humanitaires prévoient d'accueillir jusqu'à 50 000 Syriens au cours des prochains mois. Le NRC fournit de l'eau potable à ceux qui réussissent à traverser la frontière et s'emploie à aménager des espaces adaptés à la protection et l'éducation des enfants dans les prochains jours au camp de Bardarash, où plus de 6 900 nouveaux réfugiés sont accueillis. Le NRC intensifie également ses interventions d'urgence à mesure qu'un nombre croissant de Syriens affluent chaque jour.

"Nous voyons des centaines de personnes arriver en Irak tous les jours et nous nous attendons à ce que d'autres arrivent, non seulement à cause des combats, mais aussi à cause de la peur de ce qui va advenir ensuite, a déclaré Rishana Haniffa, directrice du NRC en Irak. "Les Syriens qui veulent se mettre à l'abri en Irak doivent être autorisés à le faire, sans délai."

- Un rouleau B avec des interviews de réfugiés et des photos peut être téléchargé gratuitement.

- Le NRC a des porte-parole disponibles en Irak et dans la région pour des interviews.

Pour plus d'informations, veuillez contacter :

Irak Tom Peyre-Costa, Coordinateur médias tom.peyre-costa@nrc.no +964 7511823882
Jordanie Karl Schembri, Conseiller médias karl.schembri@nrc.no +962 790220159

Tom Peyre-Costa

Coordonnateur des medias - NRC Irak

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