L’expertise belge au cœur d’un appel mondial sur le climat et la santé

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Trois Belges ont contribué à façonner un rapport majeur appelant l’OMS et les gouvernements à traiter le changement climatique comme l’urgence sanitaire qu’il représente déjà

Bruxelles, le 21 mai 2026

Lorsque la Commission pan-européenne sur le climat et la santé a lancé son Appel à l’action lors de l’Assemblée mondiale de la Santé à Genève cette semaine, trois Belges se trouvaient au cœur de l’événement. Le Dr Hans Kluge, Directeur régional de l’OMS pour l’Europe, a convenu cette Commission indépendante. Les professeurs Hans Bruyninckx et Sandrine Dixson-Declève comptaient parmi ses 13 commissaires, apportant des décennies d’expertise combinée en politique environnementale, sciences du climat et économie durable. Leur message à la Belgique - et aux gouvernements de toute l’Europe - est sans équivoque : la fenêtre pour prévenir des dommages irréversibles se rétrécit, et le coût de l’inaction se paie déjà en vies humaines.

L’Europe est la région qui se réchauffe le plus rapidement sur terre, avec des températures qui augmentent à un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale. Durant l’été 2025, près de 70 % des quelque 24 000 décès liés à la chaleur enregistrés dans 854 villes européennes étaient directement attribuables au changement climatique. Chaque jour, 1 700 personnes dans la Région européenne de l’OMS meurent prématurément de la pollution atmosphérique causée par la combustion de combustibles fossiles. Le moustique tigre - vecteur de la dengue et du chikungunya - progresse vers le nord, exposant chaque année près de 5 millions de personnes supplémentaires au risque d’infection.

Dans ce contexte, l’Appel à l’action de la Commission formule 17 recommandations concrètes dans quatre domaines : traiter le changement climatique comme une menace pour la santé et la sécurité ; rendre les systèmes de santé résilients face au climat ; renforcer les capacités locales en matière de climat et de santé dans les villes et communes ; et réformer fondamentalement les subventions et les financements qui alimentent actuellement la crise.

Sur ce dernier point, les chiffres sont accablants. Les subventions aux combustibles fossiles en Europe se sont élevées à environ 444 milliards d’euros en 2023. Dans certains pays de la région, ces subventions dépassent l’investissement total dans la santé. Le message de la Commission est direct : les gouvernements paient pour rendre les gens malades et appellent cela une politique énergétique.

« Le changement climatique est à la fois une menace pour la sécurité, une urgence sanitaire et une bombe économique à retardement », a déclaré le Dr Hans Kluge, Directeur régional de l’OMS pour l’Europe. « Cette Commission dit clairement aux dirigeants : agissez maintenant, tant qu’il existe encore une fenêtre d’action préventive. »

La Commission appelle également l’OMS elle-même à aller plus loin, exigeant formellement que l’Organisation déclare le changement climatique urgence de santé publique de portée internationale - une première pour un organe de cette envergure, constitué par la direction même de l’OMS.

Pour la Belgique en particulier, l’appel à l’action revêt un poids particulier. Le Centre belge d’analyse des risques liés aux changements climatiques a démontré que le changement climatique constitue une menace croissante pour la sécurité, la stabilité et l’avenir économique de la Belgique. La Belgique n’est pas à l’abri des conséquences sanitaires décrites par la Commission - elle y est directement exposée.

« Ce rapport n’est pas un avertissement sur l’avenir », a déclaré le Professeur Hans Bruyninckx, Commissaire et ancien Directeur exécutif de l’Agence européenne pour l’environnement. « C’est une description de ce qui se passe déjà - pour les systèmes de santé, les communautés, les plus vulnérables. Les preuves sont claires depuis des années. Ce que cette Commission a fait, c’est traduire ces preuves en recommandations que les gouvernements, y compris celui de la Belgique, ne peuvent plus différer. »

L’Appel à l’action de la Commission confronte également le modèle économique qui a permis la crise. Le PIB, soutient-elle, est le mauvais étalon - il comptabilise la consommation de combustibles fossiles comme production économique tout en ignorant les coûts sanitaires de la pollution, le fardeau économique des catastrophes climatiques et le bien-être des générations futures. De nouveaux indicateurs qui reflètent la santé, l’équité et la durabilité environnementale sont nécessaires pour guider les gouvernements et assurer une véritable responsabilité publique.

« Les arguments économiques et sanitaires pour agir maintenant sont indissociables », a déclaré la Professeure Sandrine Dixson-Declève, Présidente honoraire du Club de Rome, Présidente exécutive d’Earth4All et Commissaire. « Investir dans la prévention, les énergies propres, les systèmes alimentaires durables et les infrastructures de santé résilientes au climat n’est pas un coût. C’est l’investissement à plus fort rendement que les gouvernements européens puissent réaliser. La Belgique dispose de l’expertise, des institutions et de la tradition politique pour jouer un rôle de premier plan. La question est de savoir si elle choisira de le faire. »

Dans les mois à venir, la Commission présentera ses recommandations aux ministres de la Santé, aux maires et à la société civile dans toute la région. Le gouvernement belge fait partie de ceux qui sont appelés à agir - sur les subventions, la résilience du système de santé, l’intégration du risque climatique dans la planification nationale de la santé et l’adoption d’indicateurs de bien-être allant au-delà du PIB.

L’Appel à l’action complet est disponible ici : https://www.who.int/europe/publications/m/item/pan-european-commission-on-climate-and-health--call-to-action

FIN

Contact médias : Bhanu Bhatnagar, Bureau régional de l’OMS pour l’Europe : bbhatnagar@who.int

Note aux rédactions : La Commission pan-européenne sur le climat et la santé a été créée en juin 2025 par le Dr Hans Kluge. Elle est présidée par S.E. Katrín Jakobsdóttir, ancienne Première ministre d’Islande, avec le Professeur Sir Andy Haines de la London School of Hygiene and Tropical Medicine comme Conseiller scientifique en chef. Liste complète des membres de la Commission : https://www.who.int/docs/librariesprovider2/default-document-library/pecch-members.pdf

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