Les Maliens qui fuient le conflit se battent pour trouver sécurité et assistance

Dans une note d’information publiée aujourd’hui, l’Observatoire des Situations de Déplacement Interne (IDMC) fait part de son inquiétude au sujet de milliers de personnes qui ont été forcées de se déplacer à l’intérieur du Mali depuis le début de l’intervention militaire le 10 janvier dernier. Ces populations civiles rejoignent environ 220000 personnes déjà déplacées en 2012. Le chaos dans lequel se trouve actuellement le pays et la fermeture de certaines frontières pour tenter de contenir la menace que représente les groupes islamistes ne laissent que peu d’options aux civils pris au piège.

Communiqué – pour diffusion immédiate

IDMC rapporte des tendances inquiétantes quant aux déplacements de populations. « Les PDIs au Mali sont prises entre deux feux », estime Sebastián Albuja, Directeur du bureau Afrique-Amériques à IDMC. « Elles ne peuvent pas rester où elles sont à cause de l’insécurité latente causée par le conflit. Mais leurs maigres ressources et les moyens d’assistance limités du gouvernement et des acteurs humanitaires  ne leur laissent que peu de possibilités ».

Durant ces derniers jours, et depuis que l’Algérie a fermé sa frontière avec le Mali, des personnes déplacées au Nord ont fui vers le désert où ils se retrouvent dans des conditions très difficiles, avec un accès limité à la nourriture et à l’eau et une assistance humanitaire très réduite.

La majorité des PDIs qui fuient vers le Sud rejoignent des dizaines de milliers de personnes déplacées au cours de l’année dernière. Ce nouvel afflux de personnes déplacées va exacerber les pressions sur des communautés hôtes dont les ressources sont déjà épuisées.

« Les conditions de leur fuite sont très précaires », commente Albuja, « beaucoup de gens fuient à pied car ils ne peuvent pas payer le prix pratiqué sur les bateaux ou dans les bus. Certaines routes sont bloquées. »

Dans son rapport, IDMC appelle le gouvernement et les belligérants à appliquer les dispositions de la Convention de Kampala que le Mali a ratifié le mois dernier. Une de ces dispositions stipule que toutes les parties au conflit doivent s’assurer que les personnes déplacées internes sont protégées  contre toutes formes de violations des droits humains.

« IDMC est particulièrement inquiet quant à la situation de groupes vulnérables tels que les femmes, les enfants et les personnes blessées qui se voient contraints de se déplacer. Des cas inquiétants de personnes qui ont peur de se rendre à l’hôpital à cause des bombardements sont rapportés», ajoute Albuja. « Le mois dernier, l’Afrique a célébré l’entrée en vigueur de la Convention de Kampala et sa ratification par le Mali. Le gouvernement doit aujourd’hui se servir de la Convention comme un plan d’actions pour mettre en place l’assistance aux centaines de milliers de personnes qui ont été contraintes de fuir à cause de la crise actuelle ».

Julia Blocher
Chargée de communication/ Attaché de presse

l’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC)
Email: julia.blocher@nrc.ch
Portable: 41 79 175 88 87

L’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC)  (www.internal-displacement.org) a été créé  par le Conseil norvégien pour les  refugies en 1998, à la demande du Comité permanent inter-agences (IASC). L’IDMC surveille l’évolution des déplacements internes provoqués par les conflits, la violence, des violations des droits de l’Homme et des catastrophes naturelles dans plus de 50 pays. Il est largement reconnu comme la principale source d'information et d'analyses sur les déplacements internes dans le monde.

Pour de plus amples informations, veuillez vous adresser à www.internal‐displacement.org (site web en anglais).

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De milliers de personnes qui ont été forcées de se déplacer à l’intérieur du Mali depuis le début de l’intervention militaire le 10 janvier dernier rejoignent environ 220000 personnes déjà déplacées en 2012.
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« Les PDIs ne peuvent pas rester où elles sont à cause de l’insécurité latente causée par le conflit. Mais leurs maigres ressources et les moyens d’assistance limités du gouvernement et des acteurs humanitaires ne leur laissent que peu de possibilités, »
Sebastián Albuja, Directeur du bureau Afrique-Amériques à IDMC
« Les PDIs au Mali sont prises entre deux feux »
Sebastián Albuja, Directeur du bureau Afrique-Amériques à IDMC